Lellouche Anthony
A Paris c’est une légende du poker. A 18 ans, il arpentait déjà les cercles parisiens et développait déjà son style loose hyper agressif d’enfant terrible du poker. Plutôt joueur de cash ga...
| 1 • | GROSPELLIER Bertrand | 68823 pts |
| 2 • | BENYAMINE David | 54174 pts |
| 3 • | HAIRABEDIAN Roger | 52527 pts |
| 4 • | BIECHEL Rémy | 44890 pts |
| 5 • | LELLOUCHE Anthony | 32730 pts |

Le short Handed
Vous êtes un joueur ultra-agressif et vous voulez donner libre cours à votre stratégie, sans temps mort. Votre style est plutôt loose et vous n’avez pas la patience d’attendre des mains de qualité à une table pleine. Ou bien vous voulez juste vous y essayer par curiosité. Quelle que soit la raison qui vous pousse à jouer en short handed, soyez préparé à procéder à des ajustements significatifs si vous voulez que cette expérience soit… profitable.
Jouer en short handed, c'est-à-dire à six joueurs au maximum, est une discipline à part du poker. C’est la version la plus agressive du jeu, une véritable bagarre qui demande des nerfs d’acier et une grande maîtrise de ses adversaires. Le rythme et l’enchaînement des coups à forte tension vous feront peut-être sortir de votre zone de confort, ce qui ne peut être sans conséquences sur votre jeu. Savoir se rendre compte très vite si vous avez le niveau et le bagage technique nécessaires pour tenir la dragée haute à vos adversaires sera l’une des clefs de la réussite. Mais pas la seule. Si vous ne changez pas votre stratégie par rapport à une table pleine, vous perdrez face aux joueurs qui, eux, se seront adaptés. Car ce format de jeu requiert une agressivité sans relâche et de tous les instants. D’abord parce que le short handed est avant tout un combat pour les blindes, et ce pour deux raisons. La première est tout simplement qu’il faut les payer beaucoup plus souvent. La seconde est qu’elles représentent une partie plus importante du pot comparativement à une table pleine ; en d’autres termes, les pots sont en moyenne plus petits car moins de joueurs peuvent potentiellement y contribuer. Il est donc impossible d’attendre une main très forte pour rentrer dans un coup, sous peine de voir votre tapis fondre inexorablement. Le premier ajustement à effectuer est donc de diminuer la valeur de vos mains de départ. Mais attention, il ne s’agit pas de se transformer en calling station. Car le maître mot du jeu en short handed est l’agression. Il faut être beaucoup plus agressif et miser plus souvent en short handed qu’à une table complète. En jouant trop serré, les adversaires sauront que quand vous êtes dans une main, vous avez un jeu très fort, et soit ils ne paieront pas, soit ils vous tendront des pièges quand ils auront touché un monstre. Jouer serré est donc doublement pénalisant, puisque vous perdrez vos blindes très souvent et que vous ne parviendrez pas à rentabiliser vos bonnes mains. Il faut donc agresser vos adversaires avec des mains que vous auriez certainement couchées à une table pleine. Lorsque vous êtes au bouton, vous devez attaquer les blindes régulièrement avec des mains moyennes comme RV, DV, et bien sûr toutes les pocket paires. Vous devez être absolument imprévisible. Si vous laissez vos adversaires lire votre jeu, ils vous puniront d’autant plus facilement qu’ils sont de facto toujours dans les coups avec vous. Il faut également diminuer la valeur des mains que vous jouez après le flop, le turn et la river. On gagne plus souvent un coup avec une hauteur As en short handed qu’à une table pleine. Défendre et attaquer, deux impératifs Si vous faites face en short handed à des joueurs très agressifs, qui attaquent vos blindes tout le temps, vous devez suivre ou relancer avec des mains moyennes (77, Ax, RD…), des mains qui, en full ring (table pleine) sont rarement synonymes de sur-relance. Vous vous retrouverez donc fréquemment dans des coups avec des mains plus faibles qu’à une table pleine, et avec le désavantage d’une mauvaise position. Ces situations, que l’on essaie d’éviter en temps normal, seront ici monnaie courante et doivent être maîtrisées. Et seule la pratique peut permettre d’y arriver. Attention néanmoins au danger qui guette tout joueur de short handed : il ne faut absolument pas devenir trop loose. Et c’est là toute la difficulté de l’exercice. Si vous jouez une main plus faible qu’à l’habitude, c’est parce qu’il y a une bonne chance que ce soit la meilleure main à ce moment du coup. La clef est de jouer agressivement et le bon coup est, la plupart du temps, la relance. Certains joueurs trop loose passent des tables pleines à celles en short handed avec le raisonnement que leur style de jeu y aura plus de succès. Mais le problème est que les mains de départ faibles ont besoin de volume pour être rentables. Il faut qu’il y ait des joueurs présents dans le coup avec un minimum de jeu pour vous payer si vous touchez. C’est beaucoup plus difficile à obtenir en short handed où, par exemple, les connecteurs sont beaucoup moins intéressants à jouer. Toutefois, c’est surtout après le flop et même au turn et à la river que l’épreuve de vérité aura lieu. La clef sera toujours (et encore) de jouer très agressivement, le tout avec une très bonne lecture des autres joueurs. N’oubliez pas de coucher vos tirages dès que le prix à payer est trop élevé : c’est souvent le cas en short handed car les coups se déroulent fréquemment en un contre un, et la cote est par conséquent rarement favorable pour suivre. Il est également plus malaisé en short handed de vous situer par rapport à votre adversaire car en moyenne, d’une part parce que vous avez moins d’informations qu’en full ring, et d’autre part parce que la distribution des mains pouvant gagner le coup à la river est plus large qu’à une table pleine (car les mains « faibles » y sont plus souvent gagnantes). Etre dans sa zone de confort Le jeu en short handed va dans l’ensemble beaucoup plus vite. En effet, il y a moins de joueurs donc moins de risque de perturbation, et ces joueurs sont la plupart du temps adeptes d’un rythme soutenu. Ce qui n’est pas le moindre des charmes de ces tables… Il faut donc savoir analyser les situations très rapidement et prendre des décisions – les bonnes, si possible ! – sur le vif. Sur la même durée, vous participerez à beaucoup plus de coups en short handed qu’à une table pleine (si ce n’est pas le cas, vous êtes en train de perdre de l’argent !…). Les situations délicates et les décisions complexes sont donc beaucoup plus fréquentes. Cette pression, excitante et motivante pour certains, peut être difficile à supporter pour d’autres, ce qui peut inhiber votre jeu. L’important est d’en être conscient pour y remédier. Car pour rester efficace, il est évident que vous ne devez pas sortir de votre zone de confort. L’expérience joue ici un rôle primordial, et si vous sentez que vous ne produisez pas votre meilleur jeu, revenez à des limites plus faibles : c’est toujours une excellente méthode lorsque vous voulez tester de nouvelles stratégies et, de façon plus globale, des variantes ou des formats de jeu desquels vous n’êtes pas familier. Un sujet qui prête quelque peu à polémique est celui de la volatilité. Certains ont en effet attaqué la perception généralement admise que le jeu en short handed est plus volatile, arguant que le fait de jouer plus de mains face aux mêmes adversaires permettait au contraire à la loi des grands nombres de faire son œuvre plus rapidement. Les résultats s’approcheraient ainsi plus rapidement des niveaux relatifs des joueurs, à l’avantage donc des meilleurs. Le problème est que cette loi ne dit pas quand (c’est-à-dire à quel niveau de volatilité) sera atteint le résultat final, à savoir quel est ce moment où suffisamment de mains auront été jouées pour que les résultats soient conformes à la force relative des joueurs. Or, sur une durée déterminée, le jeu en short handed génèrera pour chaque joueur beaucoup plus d’action qu’en full ring. Et qui dit action dit volatilité. De plus, la nécessité de jouer plus de mains, des mains plus faibles, fait que l’écart entre les mains des joueurs diminue, ce qui induit plus de volatilité puisque l’avantage se réduit. Le risque de voir se produire des sessions à forte volatilité impose de disposer d’un bankroll plus important pour jouer en short handed que dans une table pleine. Jauger ses adversaires… et vite En short handed, vous devez savoir tout de suite vous évaluer par rapport à vos adversaires. Si vous êtes moins bon que plusieurs d’entre eux, il faut partir tout de suite, car vous ne pourrez pas les éviter bien longtemps ! Avec la pression des blindes à payer et celle qu’ils ne manqueront pas de faire peser sur vous, vous ne pourrez pas refuser le combat et retarder l’échéance… Mais si vous êtes meilleur, tirez au maximum profit de la situation ! Le fait de se retrouver confronté en permanence aux mêmes joueurs peut avoir des conséquences inattendues. Par exemple, vous vous retrouvez à une table avec deux joueurs que vous connaissez bien et dont le niveau de jeu est moyen : cela devrait être une bonne table. Mais un troisième joueur, un parfait inconnu pour vous, est aussi à la table, il dispose d’un gros tapis, joue ultra agressivement et remporte beaucoup de coups sans même avoir à dévoiler ses cartes. Après réflexion, cette table qui semblait si prometteuse n’est peut-être pas si intéressante que ça. En effet, vous ne vous retrouverez que très rarement seul face à vos deux cibles, et peut-être pas suffisamment pour compenser toutes les fois où vous serez confronté au joueur dangereux. Mais comme toujours, ces indications sont inutiles si elles ne sont pas analysées et modelées à l’aune de vos adversaires et de l’ambiance de la table. Si les joueurs sont serrés, l’approche très agressive fera des merveilles. En revanche, le bluff est à proscrire face aux calling stations, même en short handed ! Attention également aux changements de style de vos adversaires. Un joueur plutôt serré peut devenir une calling station s’il craque sous la pression ou s’il subit un bad beat. Les émotions sont souvent plus vives en short handed car des tensions se créent plus facilement avec la répétition des confrontations. Vous devez alors adapter votre stratégie en conséquence. Une fois que vous avez pris conscience de tous ces ajustements, que vous avez effectué ces mises au point, et si vous pensez que vous avez les qualités requises, le jeu en short handed est définitivement l’une des formes les plus excitantes du poker ! L’action y est omniprésente et les longues périodes d’attente de mains de départ correctes, inévitables en table pleine – du moins si vous effectuez un minimum de sélection pré-flop ! – fondent comme une peau de chagrin. Mais, revers obligé de la médaille, c’est aussi un jeu plus fatigant, et les longues sessions peuvent être éreintantes. Soyez à l’écoute de vous-même et apprenez à vous rendre compte d’une baisse éventuelle de concentration et de vigilance.
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